Comment les vidéos asynchrones participent à l'évolution de la pédagogie dans le supérieur ?

Depuis la pandémie, la pédagogie a pris un virage à 180° et de plus en plus d'universités se tournent vers des formats adaptatifs pour s'adapter aux étudiants et à leurs objectifs professionnels.

L’hybridation de l’approche pédagogique au fil des années 

Le passage à l’affichage numérique pour l’apprentissage visuel
L’apprentissage est passé d’un simple projecteur avec une rédaction manuelle au tableau et des lectures de la part du professeur à des powerpoint, préparé en avance. Ces derniers ont un rôle de support pour l’enseignant et vont compléter ses propos.

L’arrivée des plateformes numériques pour un apprentissage numérisé
Il s’agit de la phase d’équipement d’une plateforme digitale de partage, appelé Learning Management System, auprès des écoles et de chacun des enseignants.

La lecture capture pour apprendre par les médias
« Aujourd’hui, une plateforme sans contenu, ça ne sert à rien » dit Jean-Marie COGNET . Le Learning Management System fonctionne de la même façon que Facebook ou Instagram. Si elle n’est pas alimentée en contenu, elle n’a pas d’intérêt pour les étudiants et celle-ci va dépérir. Il faut donc intégrer et automatiser des outils tiers pour apporter du contenu de manière récurrente sur la plateforme d’apprentissage.

L’apprentissage actif et inversé pour qu’il soit interactif
L’idée est de renverser la classe pour que ça ne soit plus juste de la transmission magistrale, mais aussi de la co-construction avec les étudiants. Cela demande une adoption de cette pratique de la part des professeurs. En effet, elle remet en question un format de transmission uni-directionnelle qui existe depuis toujours et cela peut être compliqué à intégrer pour nombre d’enseignants.
Le but n’est pas d’arrêter cette transmission de savoir, mais de la compléter avec du temps voué à faire réfléchir et pratiquer les étudiants. Il s’agit de mettre en application ce qui a été appris lors de la phase magistrale.

Apprentissage conçu par l’IA pour un apprentissage personnalisé.  
L’IA dans ce contexte permet d’étudier les contenus qui attirent le plus chaque étudiant et ainsi lui proposer le format qui lui permettra d’apprécier l’apprentissage au maximum. Dans le monde demain, on pourrait proposer en début de parcours, l’identification de l’objectif de l’étudiant et un test de positionnement. Un parcours en fonction des connaissances et de son but pourra être construit grâce aux résultats du test et de son but professionnel. Cela lui permettra de mieux apprendre et d’atteindre son objectif professionnel à son rythme.

Aujourd’hui nous manquons encore cruellement de données pour mettre cette pédagogie en place, mais des démarches sont en train de se lancer et les choses devraient évoluer rapidement dans ce sens.
Par exemple, avec le confinement, certaines écoles ont mis en place l’Adaptative Learning pour ses étudiants, notamment à l’ESSEC. Le professeur aujourd’hui a un statut de coach et va transmettre des compétences à ses étudiants. La stratégie globale des universités et des écoles est en train d’évoluer pour s’adapter aux étudiants et au marché du travail.

Pourquoi l’asynchrone ?

En classe : Le temps de cours est traditionnellement réservé à faire les cours, corriger les devoirs et faire un peu de régulation. En asynchrone, le temps en classe est réservé à répondre à d’éventuelles questions et à travailler sur du projet ou de la tâche complexe. La mise en pratique est ainsi coaché en tant réel par l’enseignant.

Hors classe : Avec un format traditionnel, les élèves empêchés ont dû mal à rattraper les cours qu’ils ont manqué, car ceux-ci ne sont disponibles uniquement à l’instant T.  Le format asynchrone va permettre aux élèves empêchés de pouvoir accéder aux “devoirs à la maison”, les révisions et les lectures quand ils le désirent et ainsi ne plus manquer d’informations clés. 

Depuis la pandémie, tout ce qui se passe en classe se déplace en hors classe et l’asynchrone prend de plus en plus de sens. Pour éviter la « zoom fatigue », mettre le cours magistral sous forme de captures vidéos a été beaucoup fait par les enseignants. Cela permet de découper le cours en plusieurs vidéos et permet aux étudiants d’apprendre à leur rythme. On peut donc garder les moments de cours pour échanger avec les étudiants, répondre à leurs interrogations, etc. 

Les usages 

Conférences : peu interactives, mais pérennes, elles apportent de la valeur ajoutée. Cependant, le présentateur parle seul et va interagir uniquement lors de la partie question/réponse à la fin de son allocution.
La classe inversée :
peu interactive, elle ne le sera qu’en classe et la durée de vie est courte. En effet, un cours est à retravailler chaque année afin qu’il évolue avec son temps.
Replay présentiel :
bonne durée de vie, c’est un programme assez interactif qui va engager professeur et élèves tout du long.
MOOC :
il a une valeur à l’instant T et est interactif, car les apprenants peuvent donner leur avis sur des forums liés au MOOC en question.
Webcast :
Les chats associés vont le rendre interactif et les informations sont plus pérennes que dans un webinar ou une classe inversée par exemple.
Classe virtuelle :
Très interactive, mais avec une durée de vie faible, car elle n’est que rarement enregistré.

La vidéo dans l’enseignement supérieur 

D’après une enquête d’Ubicast, 100 % des universités publiques en France proposent du contenu vidéo en France.

Elles ont tendances à : 
Décentraliser la production de contenus vidéos pédagogique pour faire face à la demande. Les enseignements ont donc eu accès à des outils pour créer eux-mêmes leurs contenus de cours.
Enregistrer les cours en présentiel
depuis la mise en place du format hybride, avec des demi-effectifs dans les salles, pour que tous les étudiants puissent avoir accès aux cours par la suite.
Créer des capsules vidéos
réalisées par les équipes audiovisuelles de l’établissement. Cela permet d’avoir des vidéos qualitatives avec une bonne prise de son, une belle image et incrustations. 
Faire des tutoriels
à usages internes pour apprendre aux professeurs, mais aussi aux étudiants à utiliser les outils digitaux mis en place.

L'impact de la pédagogie sur la bascule pédagogique :
- 53 % des enseignants sont restés en synchrone uniquement - 100 % classe virtuelle 
- 36 % en hybride : Mix de temps asynchrone et de temps synchrone 
- 11 % ont basculé en 100 % asynchrone

71 % des établissements ont souffert d’un impact budgétaire, car il fallait investir dans des outils et dans de l’humain pour soutenir les professeurs et les étudiants dans ce changement drastique.

L'étude de l'Université de Neufchâtel 

1400 étudiants et 250 professeurs ont répondu à un questionnaire pour savoir quel format ils avaient préférés lors de l’année en distanciel.

Rapport étudiants et professeurs sur la question des ressources les plus utiles pour soutenir l'apprentissage à distance ?

Avis des étudiants (1400 votants) - https://www.unine.ch/files/live/sites/unine/files/Universite/Publication/UNINE_Rapport_etudes_distance_synthese.pdf
Avis des enseignants (250 votants) - https://www.unine.ch/files/live/sites/unine/files/Universite/Publication/UNINE_Rapport_etudes_distance_synthese.pdf

Les étudiants ont très largement préférés les cours pré-enregistrés (à 95 %) tandis ce que les visioconférences et les chats et forum ont été boudés.Les professeurs ont, eux, largement préféré la visioconférence (à 95 %) car beaucoup plus simple à mettre en place. L’asynchrone peut faire peur aux établissements et aux enseignants, car elle parait plus complexe à mettre en place et chronophage.
Plus des 3/4 des enseignants considèrent que la mise en place de vidéo implique une plus grande charge de travail et donc sont moins motivés à utiliser ce type de format. Les enseignants ont tendance à se mettre des barrières psychologiques et à recommencer plusieurs fois leurs vidéos, car pas assez satisfaits. Les étudiants, quant à eux, cherchent à avoir du contenu de qualité et ne sont pas très regardant sur la qualité de la vidéo en elle-même.

Les freins 
Côté enseignants : Manque de temps, d’outils et d’accompagnement. Les contenus ne sont pas valorisés.
Côté étudiants : Fracture numérique, c’est-à-dire manque de matériel ou de réseau, overdose du numérique et manque de lien social.

Les solutions
Côté enseignants :Un CMS qui centralise les outils pour simplifier l’approche de cette nouvelle pédagogie pour les enseignants et les étudiants ainsi que des tutoriels qui répondent aux questions fréquentes liées aux nouveaux outils.
Côté étudiants : Un lecteur interactif pour que les échanges se fassent également hors de la classe. Des connecteurs sont disponibles pour générer de leur engagement lors et hors des cours.

Le but de l’asynchrone est de faciliter la transition vers la classe inversée et les rendus sans bouleverser les habitudes trop brutalement. La pandémie a permis d’accélérer cette évolution pédagogique, mais il reste important de former et équiper correctement les établissements et les utilisateurs pour que l’expérience soit idéale pour l’ensemble du corps pédagogique et des étudiants.
N’hésitez pas à regarder le replay de notre webinaire très complet en compagnie de Jean-Marie COGNET : https://www.youtube.com/watch?v=pTJjTOWfiBY

Gabrielle Jambu
December 14, 2021
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